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Eric CHOTEAU-LAURENT, Président ACD Groupe

Eric CHOTEAU-LAURENT, Président ACD Groupe

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel parcours vous a mené à la présidence d’ACD Groupe ?
ACD Groupe est le fruit de la fusion entre Azur Conception et Cador-Dorac, cette dernière étant composée de deux sociétés sœurs, créées il y a environ 40 ans. Je suis entré chez Cador, en tant que jeune développeur, en 1985. Puis Cador a fusionné avec Dorac et j’ai alors pris la direction technique de Cador-Dorac. J’ai repris l’entreprise en 2000. Depuis cette date, je préside la société qui est devenue un groupe. On était 15 à l’époque, on est 250 maintenant. J’aurai donc effectué toute ma carrière dans une seule société. Mon parcours est en cela un peu atypique.

Le siège de l’entreprise est à Tours ?
Oui, c’est bien cela. Les deux sites principaux sont à Tours et Aix-en-Provence, où il y avait Azur Conception. Des agences secondaires sont situées à Villeurbanne, Montpellier, Lorient et Rennes. Et nous travaillons régulièrement avec des partenaires, à la fois techniques et commerciaux, sur le restant de la France.

Est-ce une nécessité d’avoir des entités partenaires réparties sur l’ensemble de la France ?
Ce sont davantage des opportunités qu’un choix. Mais ce choix a été opportun. Quand je parle de partenaires, le mot est fort dans ma bouche et les gens qui me connaissent savent que quand je m’engage, je ne le fais pas à la légère. Le choix du mot « partenaire » signifie qu’on ne souhaite pas de simples revendeurs, des « distributeurs » comme on a l’habitude de les appeler, mais bel et bien des personnes qui sont là pour nous épauler et être dans la même culture de services et d’attentes clients. C’est pour cela que ces sociétés sont peu nombreuses, mais nous travaillons avec elles depuis plus de 20 ans.

Donc c’est un accompagnement qui nécessite de la proximité avec les clients ?
Tout à fait. Je prends par exemple Alliance, l’un de nos plus fidèles partenaires, avec qui nous travaillons depuis 1994. Ce sont des consultants, des commerciaux, qui permettent la vente et la mise en place de notre solution, à travers un accompagnement des cabinets dans les évolutions du marché. Ils proposent également d’autres solutions mais c’est principalement avec les nôtres qu’ils travaillent.

Votre cible, c’est les experts comptables ?
Oui et ça fait presque partie de la particularité de notre groupe. Notre cible est exclusivement composée de cabinets d’expertise comptable français, parce que l’adaptation dans d’autres pays n’est quasiment pas possible. Notre particularité, c’est de gérer de manière très pointue les spécificités sociales, fiscales et tout ce qui est en relation avec le droit.

Donc, à la fois du logiciel de comptabilité mais aussi du logiciel de paye ?
Nous proposons un outil de GRC et de GED qui est le socle. Viennent s’y joindre un logiciel de comptabilité, de paie et un logiciel de gestion interne.

Et vous le proposez aussi en marque blanche ?
On propose surtout en marque blanche la suite collaborative. Les cabinets ont la faculté de mettre en place des services chez leurs clients, qui peuvent être aux couleurs du cabinet, tant pour les applications mobiles (en IOS ou Android) que sur les interfaces Web.

Depuis quand avez-vous entendu parler de la SDDS ?
Nous connaissons l’association SDDS depuis longtemps. Les premiers contacts n’ont simplement pas été développés, de part et d’autre.

Alors, qu’est-ce qui vous a décidé à rejoindre la SDDS ?
Ce qui a fini par nous décider, c’est la complexité de toutes les opérations sociales et fiscales. Ce sont ces groupes de travail qui nous intéressent particulièrement, avec notamment la facture électronique. Ce sont des sujets qui évoluent fortement à l’heure actuelle et qui méritent qu’on y réfléchisse à plusieurs plutôt que tout seul. Quand on fait partie d’une association comme celle-ci, pour mieux recevoir, il faut pouvoir aussi donner. Dans ce cadre-là, auparavant, je pense qu’on n’était pas assez structurés pour recevoir correctement et surtout pas assez pour donner correctement.

Et vous avez pu dédier Sylvain Lherm à ces tâches…
C’est Sylvain Lherm qui va s’occuper de la partie sociale. Notre responsable ERP, Hicham Belefkih, gèrera la partie comptable et fiscale.

Vous faisiez remarquer les importantes évolutions récentes, les réformes après les manifestations des gilets jaunes, celles liées à la Covid, celles des retraites… La facture électronique, est-ce le sujet majeur de 2022 ou, selon-vous, y a-t-il d’autres sujets importants ?
Pour la profession comptable dans laquelle nous intervenons, le sujet majeur est la facture électronique. Je pense que la facture électronique est ce que la DSN était au social il y a quelques années. Ça ne va peut-être pas tout changer, mais l’automatisation et la robotisation vont être basées là-dessus. On a une terminologie à ce sujet : l’automatisation, on l’a déjà faite globalement et nous arrivons, je pense, à l’étape de la robotisation. C’est ce que j’annonce à nos clients : d’ici peu, 80% des dossiers seront robotisés.

Quelle différence faites-vous entre robotisation et automatisation ?
En automatisation, vous restez toujours avec une intervention humaine pour un certain nombre de tâches, dans les processus de comptabilisation et de révision. Comme je vous le disais initialement, notre société est spécialisée dans l’expertise comptable et traite la captation, l’acquisition, puis la révision et l’établissement de bilans et autres.
L’automatisation, c’est de pouvoir capter puis d’imputer de façon plus ou moins automatique les éléments, pour qu’on puisse accéder au traitement comptable habituel. Nous allons maintenant entrer dans une nouvelle ère avec la facturation électronique. Cela va être la possibilité de se connecter à des plateformes, d’aller chercher des informations automatiquement, sans interventions humaines puis imputer. Tout cela va être fait et contrôlé par des robots.

Donc, c’est un système qui se contrôlera lui-même en quelque sorte.
C’est ça et on va arriver d’ici peu à avoir des robots qui vont gérer tous seuls la comptabilité, jusqu’à quasi l’établissement du bilan. Les collaborateurs comptables, qui deviendront plutôt des data contrôleurs, superviseront les actions, à travers des superviseurs.

A quelle échéance voyez-vous ça ?
Je ne veux pas dire qu’on est déjà prêts… mais c’est tout comme.

Donc, la facture électronique, par la formalisation des processus, va vous permettre de robotiser l’ensemble des tâches ?
Aujourd’hui, techniquement parlant, on a tout ce qu’il faut pour faire ça. Ce qui nous manque, c’est la fiabilité de l’information et de l’organisation. On peut aller chercher des informations sur les comptes bancaires, imputer des éléments, échanger à travers le collaboratif avec les entreprises pour avoir une imputation automatique. C’est en place, mais ce n’est qu’une partie de la comptabilité. Toutes les factures ne sont pas accessibles au cabinet comptable en vue de les comptabiliser. On ne sort pas de cette organisation depuis des décennies. Ça pouvait se comprendre il y a 30 ans mais aujourd’hui il n’y a rien, sauf la force de l’habitude, qui l’en empêche. Je vais même plus loin. A mon sens, à partir du moment où l’on peut robotiser, les deux modes de comptabilisation que sont la compta de trésorerie d’un côté et la compta d’engagement de l’autre vont s’unifier. Pourquoi fait-on une compta de trésorerie ? Parce que c’est lourd de faire une compta d’engagement, mais pas si elle est robotisée. Dès qu’il y aura une obligation de mettre les factures à disposition à travers des plateformes, des robots vont aller les chercher et on va les imputer à coup sûr avec les pièces jointes. Et les factures d’achat des uns sont les factures de vente des autres. Avec les relevés bancaires, on rapproche tout ça, et on fait le lettrage.

Toutes les entreprises vont vite être concernées. Pour les TPE, l’échéance est de 3 ans ?
C’est 2026. Et donc en 2026, il faudra y être. Les gens qui estiment que 2026 c’est encore loin, je leur rappelle que le début de l’obligation, c’est 2024. Pour les experts comptables, ça va aller vite : les six premiers mois de l’année, ils sont accaparés à faire des bilans. Donc il leur reste fin 2022 ou fin 2023 pour être à jour. Soit un peu moins d’un an, pas seulement pour se former mais aussi s’organiser. Vous pouvez avoir les meilleurs robots du monde, si vous n’avez pas mis une organisation en place, ce sera difficile.

Et il y a tout un travail de communication à faire vis-à-vis du client.
Oui et l’enjeu aujourd’hui, c’est de communiquer, accompagner la mise en place. Il nous reste peu de temps.

En conclusion, pour mieux vous connaître, avez-vous un hobby, une passion ?
Beaucoup de gens de ma profession le savent déjà, je suis pilote d’avion. J’ai toujours été passionné par l’aéronautique. C’est une belle passion. Je conçois qu’elle soit un peu particulière et sujet de fantasme. J’ai l’impression que, même si les gens aujourd’hui prennent l’avion de façon beaucoup plus simple qu’il y a 30 ou 40 ans, un avion qui décolle reste toujours spectaculaire. Je le vois bien quand j’emmène de gens en avion avec moi, l’angoisse que peuvent avoir certains de quitter le plancher des vaches ! Ce n’est pas quelque chose de naturel.

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